 Comme beaucoup d'autres termes, le mot « repentance »
ne désigne plus aujourd'hui ce qu'il devait désigner à l'origine. Ce mot
signifie maintenant le « regret de ses fautes ». Larousse
indique bien encore « changement de résolution », mais
qualifie ce sens d'ancien. Le terme évoque soit des larmes, soit encore une
partie (contrition) d'un ensemble de pratiques destinées à s'assurer le pardon
de Dieu (sacrement de pénitence de l'église romaine). Ainsi l'expression «
Faites pénitence » remplace le « Repentez-vous
» dans certaines traductions du message de Dieu.
Pour comprendre ce message, il nous faut remonter aux sources. Quel sens Jean le Baptiste,
Jésus et les apôtres attribuaient-ils à cette expression quand ils présentaient
la repentance comme une des conditions du salut ? A l'origine, «
repentance » signifiait un changement de pensée, accompagné de
regret et suivi d'un changement de vie. Toute la personnalité doit y participer ; elle engage tout l'être : l'intelligence, le sentiment et la volonté.
L'histoire de l'enfant perdu (Evangile selon Luc, chapitre 15) illustre
parfaitement ce triple sens. Ce jeune homme, parti d'un coup de tête pour un
pays éloigné, après avoir traîné la réputation de sa famille dans la boue,
dissipé son héritage dans la débauche, se voit dans une misère extrême. Il
rentre en lui-même, prend conscience de son état véritable et, dans une pleine
conviction de son intelligence, se prépare à reconnaître devant son père, son
erreur et ses fautes : « J'ai péché contre le ciel et contre
toi. » Cette conviction est accompagnée du sentiment de regret, non
le regret d'une prospérité perdue, mais de sa conduite même : «
Je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. » La conviction de ses
fautes, accompagnée du sentiment d'indignité est suivie d'une résolution de
changer de vie : « Je me lèverai, j'irai vers mon père. »
Nous sommes, nous aussi, des enfants perdus de notre Père céleste.
Nous nous sommes éloignés de Lui, nous avons dissipé les biens qu'Il nous a
confiés, nous L'avons attristé par notre ingratitude et déshonoré par notre
comportement. Nous sommes parvenus à un stade lamentable de dénuement moral et
spirituel. Le sens du devoir, la compréhension de notre intérêt réel et la
perspective d'être agréables à notre Père céleste nous invitent à suivre l'
exemple de l'enfant perdu sans plus tarder. C'est la voie de la sagesse même. p>
Dieu veut nous voir reconnaître nos fautes, Il veut que nous éprouvions
le regret de l'avoir offensé. Il veut encore constater notre résolution de
faire demi-tour et de commencer une vie nouvelle. Quand Il voit ces
dispositions en nous, Il nous accueille avec bienveillance et nous offre son
pardon par Jésus-Christ qui, Fils unique du Père dans le sens absolu, a vécu la
vie que nous aurions dû vivre et est mort de la mort qui aurait dû être notre
partage, pour nous purifier de tout péché par Son sang et pour nous rendre
acceptable à Dieu et apte à Son service.
Frédéric Buhler,
1955 Nous remercions M. Buhler pour son aimable autorisation.
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